Irak : protéger les chrétiens en cas de nouvelle guerre

Un an après la libération de la Plaine de Ninive, la question de l’après Daech de plus en plus brulante alors que les forces irakiennes et les combattants kurdes s’opposent violemment.

Pour les chrétiens déplacés, c’est un nouveau revers. Leurs villes n’ont été libérées qu’il y a un an, et beaucoup ne font que commencer à reconstruire leurs vies. Les chrétiens irakiens ont plus que jamais besoin d’une protection internationale pour ne pas être pris entre les feux croisés.

L’union contre Daech ne tient plus

Quand ils avaient un ennemi commun, les groupes en présence se sont unis contre lui. Aujourd’hui, l’ennemi est considérablement affaibli et le ciment ne tient plus. Chaque partie (armée irakienne, milices chiites, peshmergas kurdes) cherche à prendre « sa part du gâteau ». Ainsi, début octobre, les forces irakiennes ont repris la ville de Kirkouk aux peshmergas kurdes.

Tensions entre les kurdes et le gouvernement irakien

Rajoutons à cela les conséquences du référendum du 25 septembre dernier. Les kurdes d’Irak étaient appelés aux urnes pour se prononcer sur l’indépendance du Kurdistan. Plus de 92% des votants ont dit « oui » à l’indépendance. Un « oui » qui a provoqué une véritable onde de choc dans la région. Bagdad a vivement réagi. Or, beaucoup de chrétiens ayant fui le groupe État Islamique ont trouvé refuge à Erbil, capitale du Kurdistan.

La crainte d’une mainmise du pouvoir kurde

 À la faveur des combats contre le groupe État Islamique, les Kurdes ont gagné du terrain sur les terres irakiennes. Ils n’ont pas pu garder Kirkouk car cette région est riche en pétrole. Mais qu’en sera-t-il des zones plus pauvres autour de Mossoul ? Les chrétiens craignent que l’éviction récente (le 16 juillet 2017) d’un maire chrétien par un conseil pro-kurde ne soit l’un des signes avant-coureurs d’une prise de contrôle du gouvernement kurde.

La communauté internationale doit agir

Les chrétiens pourront-ils être des citoyens à part entière dans le nouvel Irak ? Leur apport historique contribuera-t-il à la tolérance et à l’apaisement ? Auront-ils le droit de reconstruire des églises ? Autant de questions qui seront abordées lors de notre prochaine rencontre avec le secrétaire général des Nations Unies dans quelques semaines.

« Je prie que Dieu tourne la situation actuelle en quelque chose de bon et que les gens ne perdent pas confiance » dit un collaborateur de Portes Ouvertes sur le terrain. « Je prie pour que la paix règne ici ».